Les fourberies de Scapin - Création 2022

Le Trac aurait souhaité marquer l’anniversaire des 400 ans de la naissance de Molière en jouant 3 de ses comédies dans une tournée originale. D’abord avec le projet « La Carriole Molière » (à deux doigts de se réaliser en 2020 dans les quartiers d’Avignon), puis avec une nouvelle conception : « Le Triporteur Molière » en 2021, mais nous avons dû renoncer à cause, en grande partie, de la situation sanitaire.

Nous tenons toutefois à fêter l’événement en présentant une deuxième version des « Fourberies de Scapin » dont la première, créée en 1993, avait réussi une belle tournée en France et à l’étranger (USA 1994, 2000 ; Irlande du Nord 1993 ; Belgique, Danemark, Italie 1996).

 

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« La dernière farce de Molière »

« Je suis très tenté de lire Scapin comme un grand et beau roman d’aventures nourri des éclats et de la fièvre humaine du vieux Naples. Sorte de western populaire (…). C’est le dernier cri d’un homme frémissant, dévoré par la maladie. Un dernier cri à la jeunesse, à la vie. Son dernier coup de cœur. Comme une révolte ». PROSPER DISS

Deux ans avant sa mort, Molière renoue avec les goûts de sa jeunesse et donne un dernier hommage à son maître italien, Tiberio Fiorelli. Il créé une farce, genre qu’il avait délaissé de nombreuses années.

« Molière a, dans cette pièce, rassemblé toutes les situations, les bouffonneries, les pantalonnades, les ficelles et les astuces du genre, et de cet amas d’éléments divers il a tiré une espèce de modèle, de prototype ». G. BORDONOVE « Molière génial et familier »

A sa création, en 1671, cette pièce ne rencontre pas un grand succès auprès du public habitué aux comédies ballets.

« Il semble que cet échec soit en partie imputable à Molière. Il est très fatigué et cependant il a tenu à assumer le rôle de Scapin qui suppose une résistance physique exceptionnelle (…). Molière est incapable de s’éloigner du théâtre. Les heures qu’il passe sur les planches (…) sont sa raison d’être et le consolent du reste ». G. BORDONOVE « Molière génial et familier »

Le temps rendra justice à Molière. De 1680 à nos jours, les Fourberies de Scapin ont été représentées près de 1500 fois dans la seule salle de la Comédie Française et ils ont été traduites dans toutes les langues européennes.

« Scapin représente la fine fleur de la fourberie moliéresque, la plus lucide aussi (…). La vie va et le vent souffle en nous chassant de haut en bas et vice-versa. Les vaincus peuvent redevenir les vainqueurs. Le ton relève le sens. Scapin relate aussi les caprices de la destinée, les coups du sort, les changements inévitables. La rapidité du rythme, la désinvolture du ton en atteste la signification et l’efficacité. A première vue, nous aurions pu supposer qu’il ne s’agissait que d’une farce à péripéties. Les Fourberies en sont une, naturellement, mais pas rien que cela ». ALEX SZOGYI « Molière abstrait »

« La scène est à Naples »

Fugitive indication de Molière qui va orienter notre mise en scène. Pour Molière, Naples n’est sans doute qu’exotisme et décor fonctionnel où évoluent ses personnages de la comédie italienne.

A nos yeux, Naples devient sujet : les battements de cœur d’une ville à la fois mythique et contemporaine accompagnent notre recherche artistique.

C’est dans « Naples » que nous croquons les personnages de Molière friands d’amours effrénés, emportés par les querelles d’honneur, colorés, populaires, capables du pire et du meilleur.

Et comme Naples, Scapin fourmille de stratagèmes, il invente des farces hilarantes, méchants ou violentes. Comme Naples, Scapin exhibe l’instinct noble et cruel, le goût du risque. Il brille d’intelligence désintéressée et ravageuse.


Mise en scène : Vincent Siano