L’ENFER de Dante : « Inferno » pour voix et piano

Conception et traduction : Vincent Siano

Création musicale : Gérard Maimone

Durée : 1h20



Le Trac continue d’explorer les grands textes, avec cette fois-ci « L’Enfer » de « La Divine Comédie » décrit par Dante Alighieri dans un hallucinant récit poétique au début du XIVème siècle !


L’interprétation de L’Enfer par un duo (musicien, comédien) se veut sobre et peut se résumer par la formule : « Inferno » pour voix et piano !

Dante Alighieri (1265-1321), un génie du récit poétique


Au cœur de l’Italie nait la poésie de Dante Alighieri, à cheval sur le XIIIème et XIVème siècle. En Toscane, à Florence apparait ce grand poète universel qui fut non seulement l’inventeur de la langue italienne mais aussi l’explorateur de l’imaginaire humain aux confins de l’âme et du politique. Exilé de Florence, en 1302, Dante vitupère, dans « L’Enfer », sa cité corrompue ou sévit « l »argent facile » ! Pourtant, il ne cesse de rêver à l’âge d’or de la « commune libre » de son enfance et de ses amours pour la belle Béatrice.

La Divine Comédie, un poème sacré e philosophique

Dante nomme son œuvre « Comédie », car si « … le début, L’Enfer, est horrible et fétide, le dénouement, Le Paradis, est agréable et heureux ». Ce sera la postérité, au XVIème siècle, qui la qualifiera de « Divine » !

Le voyage que décrit Dante, en 100 Chants, dans les trois royaumes de l’au-delà (Inferno, Purgatorio, Paradiso) est censé se dérouler la semaine de Pâques de l’an 1300.

Si le périple du poète, accompagné par son mentor Virgile, peut nous paraitre parfois inaccessible par ses aspects ésotériques et intrigants, son « Enfer » exerce une fascination constante et universelle, notamment depuis le Romantisme jusqu’au Roman Noir, en passant par les visions apocalyptiques de l’histoire contemporaine.

Notre « interprétation » de L’Enfer : musicalité en mots et notes


Après une première tentative de jeunesse (début des années 70), à vouloir théâtraliser L’Enfer dans le cadre d’une recherche théâtrale engagée, imagée, allégorique – en un mot « dantesque » -, voici, à contrario, dans une forme de sobriété absolue, un duo : « Inferno » pour voix et piano !

Nous invitons le spectateur au côtoiement intime et sensible de l’écriture même de Dante, à l’écoute musicale de sa pensée poétique.

Il ne s’agit donc pas montrer « L’Enfer » mais de suggérer par les mots et les notes, par le dit et le son, une interprétation possible de l’univers intérieur de Dante.

Une façon de « représenter » ce texte, afin que L’Enfer se recrée chez l’auditeur en images personnelles, en mondes méconnus, parfois effrayants, parfois drolatiques.

Comment y parvenir ?


Avant toute chose, ce projet n’a pu se concrétiser qu’à l’occasion de notre rencontre avec le musicien - compositeur Gérard Maimone, lequel a accepté le défi d’aller ensemble explorer l’entonnoir infernal de Dante.

Quelle traduction prendre ?


Nous connaissons l’adage « Traduttore, traditore », traduire c’est trahir, et aucune traduction n’est aisée, encore moins celle d’un poème complexe et énigmatique comme celui-ci.

Conscients de l’immense difficulté, après la lecture de nombreuses traductions, nous proposons notre propre vision, en conservant par endroits quelques passages en italien donnant accès à la musique originale de l’art poétique de Dante. Pour que l’auditeur puisse ainsi, par moments, goûter au jeu rythmique de la « tierce rime » innovante de Dante, et percevoir le mouvement rapide et continu du débit coloré de cette narration à la limite de l’hallucination.

Notre tentative étant de laisser entendre, comprendre et ressentir le texte à tout public, sans qu’il y ait nécessité de commentaires explicatifs, nous privilégions la musicalité, aussi bien dans les choix de traduction que dans la présence quasi constante du piano de Maimone.

Le dialogue paroles – piano, l’écho de l’un à l’autre, créant ainsi les atmosphères successives de cette descente, à la fois réaliste et onirique, dans la spirale des neuf cercles de L’Enfer.


Quelques mots sur le duo


Gérard Maimone – Musicien / Compositeur et interprète.

Né le 29 janvier 1945 à Valence.

« Loin des repères habituels des genres ou des courants, Gérard Maimone déroule sa musique sans aucune balise ou limite quelconques. Il a trouvé à l’horizon de toutes les musiques un point l’identifie dès les premières mesures. Une écriture mélodique comme une signature, avec un sens esthétique très personnel, presque pictural. Le théâtre, genre visionnaire, a su s’approprier cet « univers Maimone » pour enrichir son vocabulaire ».

Musicien polymorphe, Maimone a multiplié les allers-retours, à allure parfois de grand écart, entre différents modes d’écriture, cherchant perpétuellement à tracer son propre chemin entre son amour du jazz et de ses grands maîtres, le souvenir tenace de la musique française du début du siècle dernier et les réminiscences fulgurantes des « constellations » tango, musiques de cirque, d’Europe de l’Est, orientales, andalouses…

Gérard Maimone est à l’origine de deux évènements de la scène musicale française jazz ou rock avec Spheroe dans les années 70 puis Angel Maimone Entreprise lors de la décennie 80. Il est aussi connu pour ses nombreuses compositions pour le théâtre, la danse ou le cinéma (plus de soixante-quinze partitions originales pour la scène ou l’image, de 1976 à ce jour).


Vincent Siano – Metteur en scène et comédien.

Né en 1952 en Italie du Sud.

L’action théâtrale, principalement en milieu rural, l’amène à fonder le TRAC en 1979 (Théâtre Rural d’Animation Culturelle de Beaumes-de-Venise), à parcourir les villages et le monde (25 pays, 51 voyages) comme comédien, formateur ou metteur en scène (plus d’une centaine de réalisations), et à construire « un vrai théâtre à la campagne ».

Le désir de réfléchir sur sa pratique théâtrale l’oriente vers un Diplôme d’Études Approfondi de Théâtre, à l’Université de Censier-La Sorbonne Nouvelle Paris III (1998).

Recruté en 1981 par le Ministère de la Jeunesse et des Sports, il exerce la profession de Conseiller d’éducation populaire en Art Dramatique, et dirige de nombreuses réalisations autour de grands auteurs comme Albert Camus, Jean Giono, Samuel Beckett, Molière, Shakespeare… ou bien des créations originales. Son expérience l’a conduit à intervenir dans diverses Université en France et à l’étranger : Université de Sheffield – Grande Bretagne ; Université de Baltimore (Goucher College) – USA ; Université de Kingston – Canada ; Université de Casablanca – Maroc ; Université d’Osaka – Japon.